vendredi 19 mai 2017

Mourir pour Assad 14/Kataib al-Imam Ali

Kataib al-Imam Ali est un groupe avec lequel il faut désormais compter dans la mobilisation populaire chiite. Née en juin 2014 au moment de la floraison de milices chiites anti-EI, présentée comme le bras armé du Mouvement Islamique d'Irak, elle a été créée en réalité par d'anciens sadristes dont certains sont allés se battre en Syrie dès 2013. De fait, elle est très bien organisée et les liens avec l'Iran ne tardent pas à se faire jour. La milice retourne se battre en Syrie dès l'été 2015, et n'en est pas partie depuis. Parallèlement, elle continue le combat contre l'EI en Irak et participe à la bataille de Mossoul. Kataib al-Imam Ali bénéficie de l'aura de son icône, Abou Azraël, que la milice a su adroitement pousser en avant dès 2014 comme symbole de la lutte anti-EI.

samedi 13 mai 2017

Syrian Democratic Forces 1/Liwa Thuwar al-Raqqa

Liwa Thuwar al-Raqqa, devenue Jaysh Thuwar al-Raqqa, est une composante des SDF qui illustre sans doute bien la limite de cette coalition voulue comme multiforme par les Etats-Unis, en particulier. Groupe arabe rebelle né fin 2012 dans la province de Raqqa, il est obligé de se rapprocher du front al-Nosra pour contrecarrer l'EIIL qui cherche à mettre la main sur la ville après sa chute en mars 2013. Si le début du combat armé contre l'EIIL en janvier 2014 lui permet de reprendre son autonomie, il n'est plus de taille, sans allié, à résister à l'EIIL et doit se placer sous la protection des Kurdes de l'YPG, avec lesquels il avait déjà opéré, à Kobane. Dès lors le groupe, pas assez conséquent pour pouvoir peser, lie son sort à celui des Kurdes, finit par intégrer les SDF, non sans hésitation et fortes tensions avec les Kurdes, et reste assez marginalisé et de peu de poids dans la bataille en cours pour libérer Raqqa.

vendredi 12 mai 2017

Mourir pour le califat 89/La ruse de guerre-Wilayat Salahuddine

Titre : La ruse de guerre.

Durée : 29 minutes 6 secondes.

Lieu(x) : l'attaque de la séquence 2 a lieu sur la route Baiji-Haditha. L'attaque de la séquence 3 probablement lieu plus au nord, sur la route Baiji-Mossoul.

Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 8 mai 2017. Dans la séquence 2, il est question de l'attaque d'inghimasiyyi à Tikrit (5 avril). Un des tirs de missiles antichars de la séquence 4 contre un bulldozer a lieu au nord de Baiji le 20 avril. L'attaque de la séquence 3 correspond à un reportage photo du 7 avril (nord-ouest de Baiji) de même que certaines images de la séquence 2 (mélange habituel de la part de l'EI). Dans la séquence 3, images d'une autre attaque à Ayn al-Baydah datant du 31 janvier dernier.

Type de vidéo : c'est une vidéo de guérilla, l'EI harcèle les lignes de communication irakienne et conduit des attaques inghimasiyyi contre les localités.

mardi 9 mai 2017

Mourir pour le califat 88/Le renouveau des bataillons-Wilayat al-Furat

Titre : Le renouveau des bataillons

Durée : 16 minutes 26 secondes

Lieu(x) : l'assaut de la séquence 2 a lieu au Kilomètre 35, au nord d'al-Rutbah.

Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 5 mai 2017. Les images de la séquence 3 correspondant à un reportage photo du 20 mars dernier (vidéo Amaq du 11 mars).

Type de vidéo : c'est une vidéo montrant des raids mécanisés sur de petites positions, habituels dans cette wilayat depuis quelques temps.

Découpage (séquences) :

1 : 15''-2'08'', introduction.
2 : 2'08''-9'28'', assaut au nord d'al-Rutbah, propagande.
3 : 9'28''-16'26'', assaut au nord d'al-Rutbah.

vendredi 5 mai 2017

Soldats d'Assad 6/Les lions du leader éternel (Sécurité militaire, Deir-es-Zor)

« Les lions du leader éternel » (ou Les lions de la Sécurité militaire) est une unité du régime syrien à Deir-es-Zor, articulée autour du personnel de la Sécurité militaire (qui fait plus ou moins partie de la Direction du renseignement militaire, un des principaux organes des mukhabarat). Peu d'information sont disponibles sur cette unité, qui semble pourtant jouer un certain rôle dans la défense de la poche du régime syrien à Deir-es-Zor, enjeu majeur du conflit.


Historique


La Sécurité militaire (al-Amn al-Askari), qui se confond plus ou moins avec la Direction du renseignement militaire, un des 4 principaux organes de renseignement du régime syrien, dépend de l'état-major de l'armée. Au niveau provincial, l'appellation al-Amn al-Askari tend à s'imposer. La branche de Deir-es-Zor, qui nous intéresse ici, bénéficie localement de la position dominante de la Direction du renseignement militaire dans la province, sous l'égide du général Jameh Jameh, qui a été très actif au Liban occupé par les Syriens avant de revenir prendre la tête de la branche 243 à Deir-es-Zor. Jameh a été tué en octobre 2013.

lundi 1 mai 2017

David THOMSON, Les revenants, Paris, Seuil/Les Jours, 2016, 295 p.

David Thomson avait écrit, au début 2014, un premier livre consacré aux djihadistes français partis se battre en Syrie, que j'avais fiché ici même. Deux ans et demi plus tard, il publie un second ouvrage qui prolonge en quelque sorte le précédent. Entretemps, il y a eu la naissance de l'Etat Islamique (le premier livre était sorti initialement alors qu'existait encore l'ancêtre, l'EIIL), Charlie Hebdo, les attentats de Paris, ceux de 2016, etc. Le contexte est bien différent : alors que le sujet n'intéressait pas grand monde, quand j'ai moi-même commencé à travailler sur le conflit syrien (août 2013), écrivant également des résumés à partir des sources secondaires disponibles sur les djihadistes français au moment où David Thomson sortait son premier ouvrage, il occupe maintenant le devant de l'actualité.

Comme dans le premier livre, le journaliste se base exclusivement ou presque sur les entretiens avec les djihadistes français. C'est sans doute la principale force du livre -et la principale faiblesse, diront certains. Contrairement à David Thomson, je crois que les "sources secondaires" qu'il évoque à la p.8 (PV, d'interrogatoires, etc : il les qualifie "d'indispensables mais biaisées", de "lucarne") peuvent apporter des éléments intéressants, s'ils sont contextualisés et pris avec recul, bien sûr. De la même façon, le renfort d'une approche "universitaire", avec toute la littérature secondaire disponible sur le sujet, permettrait, encore une fois, de croiser les sources. Témoignages recueillis à la source, documents officiels (de justice ou autres), travaux universitaires ou de spécialistes : voici une combinaison qui permettrait d'écrire une histoire globale (pour ne pas dire totale) du djihadisme français au Levant. Une démarche qui me semble d'autant plus nécessaire que je suis moi-même passé par mon travail par plusieurs étapes : de compilateur de sources secondaires pendant près d'un an, j'ai fini par comprendre qu'il fallait, un peu à l'image de David Thomson, travailler à la source, en étudiant les documents originaux produits par les acteurs du conflit syrien (rebelles, régime, milices chiites irakiennes, je ne suis venu aux vidéos militaires de l'EI qu'en août 2015).

Frédéric PICHON, Syrie. Pourquoi l'Occident s'est trompé, Paris, Editions du Rocher, 2014, 132 p.

L'auteur de cet ouvrage, Frédéric Pichon, est bien connu sur les réseaux sociaux quand il est question du conflit syrien. Vindicatif, agressif, surtout quand l'interlocuteur n'est pas de son avis, il n'hésite pas à déformer les propos de son vis-à-vis pour mieux marteler son message de soutien au régime Assad et à ses alliés, dont il ne s'est jamais vraiment caché. J'ai dû le bloquer sur Twitter en raison d'un de mes tweets détourné par lui, suivi d'une non moins creuse discussion sur le fil -ce qui est arrivé à d'autres, au demeurant.

J'avais déjà lu ce livre, reçu en service presse il y a longtemps, avant de voir F. Pichon "en action" sur Twitter. Je n'avais pas l'intention de le ficher car il n'était pas très intéressant, à vrai dire. Mais comme son auteur se permet d'agresser tout un chacun sur Twitter, après tout, c'est faire oeuvre utile. Je l'ai relu pour en dresser la fiche. Mon avis n'a pas vraiment changé quant au contenu.

Le sous-titre donne le ton : il ne s'agit pas d'un ouvrage scientifique (l'auteur est pourtant chercheur, a soutenu une thèse sur la Syrie), mais d'un véritable pamphlet, appuyé par l'exorde du journaliste du Figaro. En résumé : la France a été en-dessous de tout, parce qu'elle aurait jeté aux orties le régime Assad, croyant à sa chute prochaine, alors "qu'il incarne à lui seul tout l'appareil étatique" (sic). Au lieu de donner des leçons de morale, la France aurait dû soutenir la Russie (re-sic). Une fois le ton du pamphlet posé, il n'y a pas grand chose à rajouter, malheureusement.

Mourir pour le califat 87/Tenir un charbon ardent-Wilayat Ninive

Titre : Tenir un charbon ardent.

Durée : 30 minutes 8 secondes.

Lieu(x) : Mossoul.

Date (sûre par recoupement ou estimée) : mise en ligne le 27 avril 2017. Certaines images de la séquence 7 correspondent à une vidéo Amaq du 7 avril. Le M1117 détruit dans la séquence 7 correspond à un reportage photo du 18 avril.

Type de vidéo : vidéo mixte mêlant propagande et combats dans Mossoul.

Découpage (séquences) :

1 : 13''-4'31'', introduction.
2 : 4'31''-5'58'', hisbah à Mossoul.
3 : 5'58''-8'06'', hisbah à Mossoul.
4 : 8'06''-12'12'', propagande.
5 : 12'12''-13'10'', propagande.
6 : 13'10''-25'40'', propagande, tirs de snipers, combats.
7 : 25'40''-30'08'', combats, VBIED.

Mourir pour Assad 13/Liwa Fatemiyoun (décembre 2016-avril 2017)

En décembre 2016, confirmant les soupçons dont je faisais état dans mon précédent article de situation sur la présence de Liwa Fatemiyoun dans l'est de la Syrie,, l'unité est impliquée dans la bataille de Palmyre, qui voit l'EI reprendre la ville en 3 jours (8-11 décembre). Le 10 décembre, la veille de la chute de la ville, Liwa Fatemiyoun expédie ses « forces spéciales » à Palmyre. L'unité aurait déployé 4 bataillons au total sur place depuis la reprise de la ville en mars 2016 (brigade Hazrat-e Abolfazl), 1 200 hommes selon un soldat du régime qui raconte la chute de la ville. L'EI publie après la bataille une photo où ses combattants brûlent un drapeau de Liwa Fatemiyoun capturé.

dimanche 30 avril 2017

Svetlana GERASIMOVA et Stuart BRITTON, The Rhzev Slaughterhouse. The Red's Army Forgotten 15-Month Campaign Against Army Group Center, 1942-1943, Helion, 2013, 269 p.

Rjev. Le nom reste méconnu, à côté de Léningrad, Stalingrad ou Koursk. Pourtant, sur la partie centrale du front de l'Est, Soviétiques et Allemands s'affrontent ici pendant 15 mois, dans une des batailles les plus sanglantes de la "Grande Guerre Patriotique" : au moins 2 millions de morts côté soviétique, certainement beaucoup, même si moins, côté allemand. Les vétérans soviétiques l'appellent "l'abattoir de Rjev" ou le massacre, les Allemands "la pierre angulaire du front de l'est", voire la "porte de Berlin".

Svetlana Gerasimova a commis un ouvrage majeur sur cette bataille oubliée. Paru en 2007 en Russie, il a été traduit six ans plus tard par le prolifique auteur des éditions Helion, Stuart Britton, spécialisé dans ces travaux de traduction des ouvrages russes, travail fort utile au demeurant pour le lecteur français. A l'heure où elle écrit, la bataille de Rjev n'est toujours pas considérée en Russie comme une bataille à proprement parler, mais plutôt une extension de la bataille de Moscou -qui se terminerait alors en mars 1943... c'est bien le but du propos de convaincre qu'il y a eu une bataille à Rjev, en tant que telle, et pas seulement suite à la contre-offensive soviétique devant Moscou dont l'affrontement ferait alors partie. L'ouvrage est illustrée par des clichés de correspondants de guerre soviétiques ayant opéré à Rjev et par des documents allemands de l'autre côté du front.