" Historicoblog (4): Soldats rebelles
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jeudi 26 octobre 2017

Soldats rebelles 7/Liwa al-Mutasim

Liwa al-Mutasim est un groupe rebelle intégré à l'Armée Syrienne Libre, et soutenu par la Turquie depuis l'opération Bouclier de l'Euphrate (août 2016-mars 2017). Créé par des rebelles installés à Marea, au nord d'Alep, la brigade al-Mutasim, qui a un discours anti-régime et plaide pour une Syrie démocratique, a surtout combattu l'Etat Islamique, d'abord pour résister à sa poussée sur Mare, puis en soutien de l'incursion turque en Syrie. Ce faisant, elle a bénéficié de l'appui américain, qui est toutefois resté limité comme avec les autres rebelles syriens ayant pris part au programme Train and Equip du Pentagone. Installée aujourd'hui dans la zone contrôlée par l'armée turque en Syrie, Liwa al-Mutasim tente d'accroître ses capacités militaires, mais reste fortement dépendante d'Ankara, qui fournit son soutien. Preuve en est de sa mobilisation anticipée pour une offensive turque qui reste à venir dans la province d'Idlib.

vendredi 21 avril 2017

Soldats rebelles 5/La division Sultan Murad

La division Sultan Murad est le résultat d'une coalition de brigades rebelles constituées de Turkmènes, en décembre 2015. Les Turkmènes, minorité syrienne, ont rapidement formé plusieurs brigades dans l'opposition armée dans les provinces de Lattaquié et d'Alep, tandis qu'ils commençaient à se structurer politiquement. A partir de l'été 2015, alors que la Turquie s'engage plus nettement contre l'EI, l'appui américain puis turc à la brigade, puis division Sultan Murad est de plus en plus évident. La division Sultan Murad est cependant davantage alignée sur la Turquie : bien que combattant d'abord le régime, elle s'est aussi affrontée aux Kurdes de l'YPG/SDF, et à l'EI. Depuis le lancement de l'opération Euphrates Shield le 24 août 2016, la division Sultan Murad semble la figure de proue des rebelles regroupés derrière l'armée turque pour reprendre al-Bab. Bénéficiant de nombreux matériels fournis par Ankara, l'unité semble s'inscrire dans la logique « néo-ottomane » du président Erdogan.

Soldats rebelles 4/La division al-Hamza

La division al-Hamza illustre bien certaines des tendances récentes au sein de l'insurrection armée syrienne en 2016. Née en avril dans la poche d'Azaz, cette formation, largement soutenue par les Etats-Unis, l'est parce qu'elle a fait le choix, par nécessité, de combattre l'EI, et non plus le régime syrien qui reste pourtant un adversaire déclaré, tout comme les Kurdes de l'YPG. Avec l'intervention turque du mois d'août (opération Euphrates Shield), elle sert de plus en plus d'infanterie d'appoint à l'armée de ce pays. Malgré le soutien apporté et les matériels fournis, elle reste cependant mal outillée pour mener un combat urbain de l'ampleur de celui d'al-Bab, contre l'EI. En outre, elle devient très dépendante de ses soutiens extérieurs, qui ne soutiendront peut-être pas tous ses objectifs en dehors de la lutte contre le groupe djihadiste.

Soldats rebelles 3/Le 1er régiment (Al-Fauj al-Awwal)

Le parcours du 1er régiment illustre bien le devenir de l'insurrection syrienne depuis 2015. Issu de Liwa al-Tawhid, autrefois un des groupes les plus puissants de la rébellion, le 1ee régiment a fini par rejoindre Fatah Haleb, une des deux coalitions principales opérant à Alep. « Approuvé » par les Américains, le 1er régiment fait partie des récipiendaires de missiles TOW à la fin de l'année 2015. Ce soutien, cependant, n'est pas suffisant : le 1er régiment lie son chemin à celui de la Turquie, qui fournit du matériel, puis s'engage à ses côtés après l'intervention turque en Syrie, Euphrates Shield, à partir du 23 août 2016. Aujourd'hui le 1er régiment combat dans la poche d'Alep sud-est, au nord de la ville et à l'est, près d'al-Bab, avec l'armée turque. Celle-ci n'a fourni que des armes légères, sans doute quelques pièces d'artillerie légère également (mortiers), des pick-up et un seul véhicule blindé. Cela n'a rien d'un appui massif et déterminant quand on songe que le 1er régiment affronte 3 adversaires : le régime syrien à Alep, largement soutenu par ses soutiens étrangers, les Kurdes de l'YPG, qui bénéficient du soutien américain contre l'EI, et l'EI lui-même, qui aligne parfois des moyens matériels autrement supérieurs.

Soldats rebelles 1/ 13ème division (Firqa 13)

La 13ème division est un groupe armé rebelle qui a ses racines dans la ville de Maarat al-Numan, au sein de la province d'Idlib, d'où est originaire son chef, le colonel Saoud, qui a fait défection des forces du régime en mars 2012. Fondée en juin 2013, elle a su s'imposer comme un acteur dans le combat contre l'EIIL en décembre 2013-janvier 2014, avant d'être parmi les groupes récipiendiaires des premiers lance-missiles antichars TOW américains en avril-mai 2014, qu'elle a su utiliser à bon escient contre les véhicules du régime et de ses alliés. La 13ème division a des relations tendues avec le front al-Nosra qui chasse d'autres groupes rebelles dans la province d'Idlib à partir d'octobre 2014. Ce qui ne l'empêche pas de côtoyer le groupe lors de la capture des dernières positions de la province d'Idlib tenues par le régime de décembre 2014 à mai 2015. Ce dernier mois, elle rentre dans la structure de coordination Fatah Halab qui montre sa présence à Alep : la 13ème division est présente dans le nord-ouest du pays, à Idlib, Alep, Hama et Lattaquié. Elle est mise à mal par l'intervention russe, d'abord aérienne, puis plus directe, à partir de septembre 2015, qui se fait surtout sentir dans ses zones d'opérations. Avec la poussée du régime autour d'Alep en janvier-février 2016, la 13ème division doit à la fois combattre le régime, les Kurdes de l'YPG et l'Etat Islamique. Pour autant, elle est toujours capable d'aligner un bon nombre de combattants (difficile à estimer : sans doute plus de 1 000, mais jusqu'à quel effectif ?), elle est ravitaillée en missiles TOW (qu'elle continue à utiliser efficacement) et en autres armes par ses soutiens extérieurs, et elle reste fidèle à un projet post-Assad de transition vers un Etat civil, non islamique. En somme, un groupe rebelle parmi beaucoup d'autres qui compte dans le paysage de l'insurrection armée face au régime syrien.

vendredi 14 avril 2017

Soldats rebelles 6/Jaysh al-Izza

Jaysh al-Izza résulte de la fusion de brigades locales du nord de la province de Hama, autour de Latamneh. Dès 2015, en tant que membre de l'ASL, elle reçoit des missiles antichars TOW de la CIA ; en septembre elle est parmi les premières à être visée par les bombardements russes suite à l'intervention de Moscou. Début 2016, le groupe reçoit toujours de missiles TOW. Combattant surtout au nord de la province de Hama, Jaysh al-Izza est en première ligne de l'offensive déclenchée fin mars 2017 au nord de cette agglomération. Disposant de moyens conséquents, elle est entièrement tournée vers le combat contre le régime et ne communique pas trop sur son programme pour le futur de la Syrie : on peut deviner que la formation n'est pas islamiste, mais on ne peut guère en dire plus.