" Historicoblog (4): Djihad au pays de Cham 9/Katibat al Tawhid wal Jihad

jeudi 2 novembre 2017

Djihad au pays de Cham 9/Katibat al Tawhid wal Jihad

Katibat al Tawhid wal Jihad montre à quel point le djihad syrien a attiré des combattants de tous les horizons. Le groupe, né en décembre 2014, est dirigé par un Ouzbek ou Kirghize de la province d'Osh, Sirojiddin Mukhtarov, alias Abou Saloh al-Ouzbeki. Il a rassemblé autour de lui des Ouzbeks du Kirghizistan, des Ouïghours du Xinjiang et des Syriens, aussi. Petite formation visiblement assez homogène, Katibat al Tawhid wal Jihad évolue dans l'orbite du front al-Nosra, qu'il finit par rejoindre formellement en septembre 2015, juste au moment de l'intervention russe en Syrie. Le groupe a participé à toutes les offensives d'importance autour d'Alep menées par le front al-Nosra, devenu Jabhat Fateh al-Sham, en 2016. A partir de cette année-là, son chef est manifestement impliqué dans des attentats en dehors de la Syrie, comme l'attaque de l'ambassade chinoise à Bishkek en août. En février 2017, Katibat al Tawhid wal Jihad rejoint la nouvelle coalition Hayat Tahrir al-Sham, mais garde toutefois une indépendance relative. Abou Saloh al-Ouzbeki a peut-être piloté l'attentat dans le métro de Saint-Pétersbourg en avril 2017, et plusieurs autres tentatives déjouées ailleurs. Katibat al Tawhid wal Jihad dispose d'un camp d'entraînement ; bien que réduit en taille, le groupe soumet ses membres à une formation rigoureuse, et ses combattants sont relativement bien équipés. Les menées extérieures prouvent qu'il pourrait être dangereux pour les pays d'Asie Centrale dont la plupart de ses combattants sont originaires, et sans aucun doute pour d'autres Etats.




Historique


Katibat al Tawhid wal Jihad (KTJ), appelé aussi Jannat Oshiqlari, est un groupe djihadiste constitué essentiellement d'Ouzbeks et qui opère dans le nord-ouest de la Syrie (provinces d'Idlib et d'Alep au départ). Il apparaît le 28 décembre 2014 à travers une vidéo montrant l'un de ses camps d'entraînement en Syrie. La formation semble plus petite qu'une autre, plus ancienne, et également composée d'Ouzbeks, Imam Bukhari Jamaat (la brigade de l'imam Boukhari). D'ailleurs KTJ est sans doute issu, au départ, des rangs d'al-Nosra et collabore étroitement avec cette dernière formation. Dirigé par Sirojiddin Mukhtarov, alias Abou Saloh al-Ouzbeki, KTJ comprend, outre des Ouzbeks, d'autres combattants issus d'Asie Centrale mais aussi des Syriens. Abou Saloh est originaire de Kara-Suu dans la province d'Osh du Kirghizistan ; il serait né dans le village de Kashgar-Kyshtak, près de la vallée de Ferganah. Il a été imam assistant à la mosquée Kariman de Karaa-Su, a reçu son éducation religieuse en Syrie avant de revenir au Kirghizistan, puis de repartir en Syrie pour mener le djihad. KTJ est très actif au Kirghizistan où il recrute des combattants pour les envoyer en Syrie : 35 personnes dans la seule province d'Osh ont rejoint le djihad sur place en 2014-15.

Abou Saloh al-Ouzbeki (capture d'écran d'une vidéo de septembre 2016) est l'émir de Katiba al-Tawhid wal-Jihad.


En avril 2015, KTJ entre avec le front al-Nosra et de nombreux autres groupes djihadistes reliés à al-Qaïda dans Jisr al Shoughour. Cette dernière bataille donne aux groupes djihadistes dominés par des combattants d'Asie Centrale une certaine visibilité. A l'inverse d'autres formations plus anciennes, KTJ n'a aucun lien avec le Mouvement Islamique d'Ouzbékistan, désormais rallié à l'EI (et pour bonne part éradiqué par les talibans en représailles de leur "trahison") et qui combat avec lui en Afghanistan et au Pakistan, et qui avait organisé des départs de volontaires vers la Syrie. L'EI n'arrive pas semble-t-il à se rallier ces groupes désormais pourvus d'une expérience opérationnelle, d'un certain équipement et d'une visibilité médiatique. A Jisr al Shoughour, KTJ a combattu aux côtés de Jund al-Sham, le groupe de Muslim Shishani, et du Parti Islamique du Turkestan, autre formation djihadiste organisée autour de combattants ouïghours. En juillet 2015, KTJ fait partie de la coalition créée par le front al-Nosra pour la bataille à Alep, Ansar al-Charia. KTJ opère alors depuis quelques temps contre les enclaves chiites de Zahra et Nubl près d'Alep. A ce moment-là, le groupe semble s'être étoffé et comporte davantage de combattants que dans la première vidéo, et il se trouve qu'il a deux camps d'entraînement en Syrie et non un seul.

Le 29 septembre 2015, le groupe prête allégeance au front al-Nosra, ancienne branche officielle d'al-Qaïda en Syrie. Il avait depuis sa création toujours été proche de la formation djihadiste, que ce soit par sa propagande en ligne ou ses interventions sur le champ de bataille. Dans une de ses vidéos, on pouvait voir Abdullah al Muhaysini, un religieux proche d'al-Nosra, aux côtés de l'Ouzbek Abou Ubayda al Madani, l'émir de la brigade Sayfullah Shishani du front al-Nosra, à dominante tchétchène. KTJ avait participé ce même mois à la prise de la base aérienne d'Abou Douhour, et à un nouvel assaut sur les enclaves de Fuha et Kafraya. Dès le lendemain de son allégeance à al-Nosra, KTJ revendique un tir de roquettes sur la base aérienne de Hmeymin à Lattaquié, où stationnent les appareils russes qui interviennent alors pour frapper les rebelles syriens. D'ailleurs les frappes aériennes russes visent, au début, KTJ, avec d'autres groupes issus d'ex-républiques soviétiques ou du territoire russe.

En avril 2016, KTJ diffuse une vidéo montrant l'entraînement de "commandos" pour le combat urbain : 15 hommes avec AK-47, mitrailleuses PK et lance-roquettes RPG-7. Jacob Zenn, spécialiste des djihadistes d'Asie Centrale, estime en mai 2016 que 80% des 3 000 combattants d'Asie Centrale présents en Syrie appartiennent à l'Imam Bukhari Jamaat, à KTJ, au Parti Islamique du Turkestan ou autres groupes liés à al-Qaïda. En juin, KTJ combat avec al-Nosra et d'autres groupes djihadistes près de Khan Touman, au sud d'Alep. En juillet, KTJ participe aux affrontements dans les montagnes au nord-ouest de la province de Lattaquié. Début août 2016, KTJ est engagé dans l'opération Colère d'Alep pour lever le blocus de la ville. Il combat notamment à Maarata au sud d'Alep. Le 7 août 2016, KTJ publie des photos du butin récupéré dans l'académie d'artillerie prise par les rebelles : on y voit notamment un automoteur d'artillerie 2S1 Gvozdika (122 mm). Le 1er novembre 2016, KTJ publie un reportage photo qui montre sa présence dans la dernière offensive lancée par les rebelles syriens pour lever le siège d'Alep, à l'ouest de la ville. Le groupe utilise d'ailleurs à cette occasion un Humvee pris sur les milices chiites irakiennes qui combattent avec le régime syrien, et qu'il a modifié en le surblindant.







Début février 2017, KTJ rallie la nouvelle coalition Hayat Tahrir al-Sham. KTJ compterait, début 2017, environ 200 combattants, quasiment tous Ouzbeks, surtout issus des provinces d'Osh et Batken au Kirghizistan, de la province de Jalal-Abad au Pakistan, et des Ouïghours du Xinjiang. Ces Ouïghours seraient peu nombreux et beaucoup meurent au combat faute d'expérience. KTJ serait impliqué dans l'attaque à la voiture piégée contre l'ambassade chinoise à Bishkek, la capitale du Kirghizistan, en août 2016. Abou Saloh al-Uzbeki aurait peut-être commandité plusieurs attaques en Russie, dont celle du métro de Saint-Pétersbourg en avril 2017, menée par un Ouzbek d'Osh, Akhbarzhon Dzhalilov. Fin septembre 2017, KTJ participe à l'offensive menée par Hayat Tahrir al-Sham dans le nord de la province de Hama contre le régime syrien, où les djihadistes perdent notamment les 2 chars T-90 pris au régime en 2016.

Katiba al-Tawhid wal-Jihad participe à l'offensive dans le nord de la province de Hama piloté par Hayat Tahrir al-Sham fin septembre 2017.


Propagande


KTJ dispose d'un site internet, qui n'est toutefois plus mis à jour depuis avril 2017. La page Facebook de l'unité qui était encore disponible en août 2016 quand j'avais réalisé mon premier article a été supprimée et ne semble pas avoir été recréée. A ce moment-là, le groupe avait aussi deux comptes Twitter, l'un s'exprimant en arabe et l'autre en russe. Le premier a été supprimé et ne semble pas avoir été renouvelé. En revanche celui en russe a survécu, mais n'a plus rien publié depuis l'entrée de KTJ dans Hayat Tahrir al Sham le 3 février 2017. Un autre compte en russe, sans doute de secours, a été créé en novembre 2016 mais reste vide. KTJ semble désormais privilégier la communication via Telegram, de manière assez confidentielle. Des chaînes Youtube sont régulièrement recrées pour diffuser les productions du groupe. Abou Saloh al-Ouzbeki n'a rien perdu de sa vocation de prêcheur puisqu'une chaîne Youtube comprend encore tous ses sermons. Une étude du département d'Etat américain de janvier 2017 montre d'ailleurs que la propagande du groupe a un écho certain au Kirghizistan : des personnes qui sont converties au djihad citent en premier, en général, les documents de propagande du groupe disponibles en ligne.







L'emblème de KTJ, qui n'est pas apparu immédiatement à sa naissance, et avant le ralliement à Hayat Tahrir al-Sham, réunit une AK-74 disposée à l'horizontale, le drapeau arborant le Tawhid, et le nom du groupe à l'arrière-plan. Malgré son intégration dans HTS, KTJ conserve sur ses productions son propre logo, comme avant, ce qui montre une certaine autonomie.



Armements, matériels, tactiques


KTJ subit une évolution assez notable entre sa naissance en décembre 2014 et août 2016, date de mon premier article, jusqu'à aujourd'hui (novembre 2017). Petite troupe d'infanterie capable d'aligner des technicals et quelques mortiers et canons artisanaux, il se retrouve pendant l'opération Colère d'Alep (août 2016) à opérer avec un BMP-1, appuyé par un T-72 de Jaysh Fateh al-Cham. Les combattants sont casqués, bien protégés, armés d'AK-47 à lunette, d'un lance-grenades RBG-6, de fusil de sniper SVD Dragunov, des hommes de toute évidence bien entraînés.

Une vidéo de début juillet 2016 filme un groupe de combattants de 20 hommes au minimum, relativement bien armés, avec AK-47 et SVD Dragunov. On distingue aussi un groupe d'une quinzaine d'hommes à l'entraînement derrière le drapeau du groupe. KTJ semble disposer de plusieurs technicals, ZPU-2 ou 4 montés sur Toyota Land Cruiser notamment. On peut voir également un ZU-23 bitube monté sur ce même véhicule. Un groupe d'attaque comprend au moins une vingtaine d'hommes avec SVD, PK et RPG-7 (avec un pourvoyeur). Outre les technicals, KTJ semble avoir récupéré un Safir iranien avec canon sans recul de 106. Il y a aussi un canon M1939 de 37 mm AA monté sur camion. Les combattants sont transportés en camion léger, pick-up, vans et motos. 2 autres camions portent également un 37 mm AA et un autre un canon S-60 de 57 mm. KTB semble également en mesure de lancer ses propres roquettes artisanales Elephant. Une scène de groupe montre un ensemble d'au moins 50 à 100 hommes. Sur le front de Kinsabba, dans la province de Lattaquié, en juillet 2016 également, des images montrent des combattants bien équipés : casques, RPG 22 ou 26, véhicule blindé BMP-1. Un groupe de combat de 9 hommes comprend le tireur RPG-7 avec pourvoyeur. Parmi les armes capturées, on note des lance-roquettes monocoups RPG et un reste de fusil iranien AM 50 anti-matériel. Le tireur d'un bitube ZU-23 sur Land Cruiser est lui aussi casqué. Il faut noter qu'une vidéo du front de Lattaquié emploie un nasheed également utilisé par l'EI dans ses vidéos de propagande militaire, et ce n'est pas l'exception. Sur le front au sud d'Alep, Abou Saloh al-Ouzbeki tient un discours au milieu d'une vingtaine de combattants. Plusieurs sont casqués ; l'un porte un fusil de sniper ; un autre tireur d'élite est sur SVD Dragunov.

Pour l'opération Colère d'Alep, Abou Saloh pose au milieu de ses hommes muni d'un AK-47 au camouflage élaboré. Un groupe de combat de 10 hommes comprend un tireur d'élite sur SVD Dragunov. Un autre groupe embarquant dans un BMP-1 comprend 2 hommes masqués et les combattants portent des brassards d'identification bleus, comme ceux de Jaysh Fateh al-Sham. Un ZU-23 bitube sur véhicule est employé en tir tendu ; KTJ tire aussi des roquettes artisanales Eléphant. Une photo de groupe montre entre 20 et 30 hommes. Une photo du 2 août, au début de l'opération Colère d'Alep, montre deux missiles Metis-M capturés. Le groupe d'assaut utilisé dans la phase finale de l'opération Colère d'Alep, en août 2016, est particulièrement bien équipé. Une escouade de 7 hommes comprend un tireur PK, un tireur RPG-7 avec un pourvoyeur ; 2 des 7 hommes sont casqués. Un combattant casqué porte aussi une caméra GoPro sur le front. Une autre escouade de 7 hommes comprend également la même configuration : 7 hommes, 1 tireur PK, 1 tireur RPG-7 avec pourvoyeur et 3 hommes casqués. Un lance-grenades RBG-6 croate de 40 mm fait partie de l'arsenal du groupe. KTJ engage aussi deux technicals en tir antiaérien : un ZPU-2 et un ZU-23 bitube monté sur Land Cruiser. D'après les vidéos de KTJ, il semble que les technicals sur Land Cruiser se voient souvent appliqués un camouflage ocre à dominante rouge qui les rend aisément reconnaissables. Lors des assauts, KTJ aligne parfois plusieurs tireurs RPG-7 par escouade ; Abou Saloh, le chef du groupe, est protégé dans une vidéo par 2 tireurs PK.

Dans une vidéo de septembre 2016, on peut voir les combattants de KTJ préparer les munitions d'un ZU-23 monté sur un pick-up Land Cruiser. D'autres entretiennent une mitrailleuse lourde Type 77/85 qui est ensuite testée en tir à la hanche (!).







En novembre 2016, lors de la dernière contre-attaque à Alep, l'infanterie de KTJ engagée dans l'opération comprend au moins 20 à 30 hommes, dont une bonne partie est casquée. Plusieurs hommes portent des caméras GoPro au front. On relève aussi un essai de standardisation de l'équipement tendant vers l'uniforme. Le Humvee capturé aux miliciens chiites irakiens s'est vu renforcé de plaques de blindage à l'avant de la caisse et à l'arrière, ainsi que d'un blindage de fortune au niveau de la tourelle qui embarque une mitrailleuse lourde DSHK ou Type 54.

KTJ attaque également, en novembre 2016, les positions du régime dans le nord de la province de Hama. Débarqués des pick-up, les fantassins suivent un char T-62 qui appartient au groupe Abna al-Sham (lié à l'Armée Syrienne Libre, nord de Hama). Il y a plusieurs dizaines d'hommes, dont des tireurs PKM (portant souvent en plus une AK) et RPG-7.




Un reportage photo de juin 2017 montre le muaskar (camp d'entraînement) de KTJ. 16 hommes sont répartis sur deux files devant l'instructeur. Une photo de groupe montre 21 hommes en tout en comptant les instructeurs. On peut voir 5 combattants d'élite, casqués, avec des protections individuelles ; ils tiennent des AK-74. Ce sont probablement les troupes de choc de KTJ, possibles inghimasiyyi. Les recrues portent toutes le même uniforme.








Le 4 juillet 2017, une vidéo mise en ligne par KTJ montre de nouveau le muaskar. Une vingtaine d'hommes sont en prière dans une tente où figure des schémas explicatifs du lance-roquettes RPG-7, de la mitrailleuse PKM et du fusil de précision SVD. Les combattants lisent le Coran, puis sortent en courant de la tente pour se mettre en formation. Les images de la vidéo correspondent à celle du reportage photo du 10 juin précédent. Les recrues commencent par courir, puis pratiquent du close combat, de la boxe. Elles étudient ensuite la fabrication et la pose d'IED, puis écoutent un cours sur le SVD. Abou Saloh al-Ouzbeki assure en personne le cours de charia. Les 5 combattants casqués et lourdement protégés font ensuite une démonstration tactique. Les recrues, séparées en deux groupes (rouge et bleu), sont munies de tenues de paint-ball et des armes correspondantes. Elles s'entraînent sur un terrain dont le réalisme est renforcé par la présence d'une carcasse de véhicule détruit. Le terrain comprend aussi des installations défensives, y compris souterraines. La dernière séquence montre une interception nocturne de voitures pour capturer des prisonniers.












Une vidéo de septembre 2017 montre un autre assaut dans le nord de la province de Hama, à Ash Shata, à 9 km à l'est de Maan. Les combattants montent dans un pick-up Land Cruiser, ils sont 6, dont 1 casqué, plusieurs portent des caméras GoPro, il y a un tireur PK et un tireur RPG-7. Les fantassins portent des bandeaux bleus d'identification. Ils rejoignent une colonne comprenant un char T-90, un char T-72 et 2 BMP-1 dont un détourellé. Les fantassins embarquent dans le BMP-1 qui a encore sa tourelle et qui est piloté par des membres de KTJ, on peut donc supposer qu'il appartient en propre au groupe. Plusieurs motos accompagnent aussi la colonne. L'assaut est appuyé par un ZU-23 sur Land Cruiser, des roquettes Elefant, et un « canon de l'enfer » de gros calibre. Les fantassins montent ensuite dans 2 pick-up Land Cruiser renforcés de plaques de blindage vertical à l'arrière. Une batterie de mortiers de 120 mm appuie l'assaut. Une partie du matériel lourd est sans aucun doute fourni par Hayat Tahrir al-Sham, comme le T-90 qui est finalement capturé par le régime suite à l'opération.




















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