" Historicoblog (4): Mourir pour Assad 13/Liwa Fatemiyoun (décembre 2016-avril 2017)

lundi 1 mai 2017

Mourir pour Assad 13/Liwa Fatemiyoun (décembre 2016-avril 2017)

En décembre 2016, confirmant les soupçons dont je faisais état dans mon précédent article de situation sur la présence de Liwa Fatemiyoun dans l'est de la Syrie,, l'unité est impliquée dans la bataille de Palmyre, qui voit l'EI reprendre la ville en 3 jours (8-11 décembre). Le 10 décembre, la veille de la chute de la ville, Liwa Fatemiyoun expédie ses « forces spéciales » à Palmyre. L'unité aurait déployé 4 bataillons au total sur place depuis la reprise de la ville en mars 2016 (brigade Hazrat-e Abolfazl), 1 200 hommes selon un soldat du régime qui raconte la chute de la ville. L'EI publie après la bataille une photo où ses combattants brûlent un drapeau de Liwa Fatemiyoun capturé.



Liwa Fatemiyoun à Palmyre (décembre 2016).



L'EI brûle le drapeau de la Fatemiyoun à Palmyre.


Un cadre des Pasdarans, Hossein Yekta, déclare en janvier 2017 que 18 000 Afghans combattant en Syrie. Au 13 janvier, 47 Afghans ont été tués en Syrie et enterrés en Iran (surtout morts à Alep, quelques-uns à Palmyre). Le 23 janvier 2017, l'EI publie une vidéo d'un char T-90A portant le drapeau de Liwa Fatemiyoun détruit par un tir de missile antichar à l'est de Khanasser (la séquence est remise dans une vidéo longue de la wilayat Halab de l'EI en avril). Une vidéo du Hezbollah le 26 janvier sur ce même front montre un Land Cruiser portant le drapeau de la Fatemiyoun. Les blessés de Liwa Fatemiyoun sont soignés à l'hôpital de l'imam Hussein à Mashhad, en Iran. Un documentaire en deux parties (environ 30 mn en tout) montre Liwa Fatemiyoun au combat pour la première reconquête de Palmyre, par le régime syrien, en mars 2016, et dans les semaines qui suivent.

T-90A de  Liwa Fatemiyoun incendié sur le front de Khanasser.

Vidéo di Hezbollah sur laquelle on distingue le drapeau de Liwa Fatemiyoun à l'arrière-plan, front de Khanasser.

Titre du documentaire.


Matériel déployé par Liwa Fatemiyoun pour la reconquête de Palmyre (mars 2016)
Fusil anti-matériel iranien AM 50 (12,7 mm)




Chars T-72





Mitrailleuse DSHK





Technical avec ZPU-2 dans une tourelle




Canon M-46 (130 mm)




Canon D-30 (122 mm)




Fusil de sniper SVD Dragunov (7,62 mm)




BMP-1




2 technicals avec bitube ZU-23 (dont un Land Cruiser)




Safir avec canon sans recul de 106 (copie iranienne M40)





BM-21 Grad (122 mm)



AMB-S



Largement distribué aux milices encadrées par les Pasdarans, en Syrie comme en Irak.











La Fatemiyoun dispose de sa propre unité blindé depuis la première reconquête de Palmyre.

















































La Fatemiyoun a aussi sa propre artillerie.




































































1ère fois que l'on peut voir un Safir fourni par l'Iran à la Fatemiyoun.















La Fatemiyoun disposerait donc de BM-21 en plus de l'artillerie classique (canons).










En février 2017, des Afghans de la Fatemiyoun brûlent les drapeaux israëlien et américain durant l'enterrement de Musa Hoseini, cadre des Pasdarans tués en Syrie, à Téhéran. Ils sont toujours à Khanasser ce mois-là : des images les montrent à la cérémonie pour 13 combattants récemment tués.


Une vidéo Tass du 1er mars 2017 montre des chars T-72M1 de Liwa Fatemiyoun en action au moment de la reconquête de Palmyre par le régime syrien. En mars 2017, le régime iranien inaugure un complexe, à côté de Téhéran, dédié aux combattants de la Fatemiyoun tués au combat en Syrie. Une source fait état de l'envoi de vétérans de la Fatemiyoun par l'Iran au Yémen, pour encadrer les Houthis.

Front de Palmyre, 1er mars 2017.



Les Afghans de Liwa Fatemiyoun sont déployés par le régime syrien pour contrer l'offensive rebelle au nord de Hama, déclenchée le 21 mars. Jafar Hasani, le commandant de la brigade Hazrat Abolfazl Abbas (qui est donc déployée à Hama), est tué le 9 avril. Au 18 avril, 31 d'entre eux seraient déjà tombés sur ce front. Au 19 avril 2017, selon Ali Alfoneh, on compte 619 tués afghans en Syrie, ce qui en fait le deuxième contingent étranger pro-régime syrien à avoir subi le plus de pertes, derrière le Hezbollah libanais, et devant les Iraniens. Téhéran ne reconnaît pas avoir formé Liwa Fatemiyoun : d'après un quotidien iranien proche de Khamenei, Ali-Reza Tavassoli et 25 de ses camarades seraient partis en Syrie pour recruter 5 000 (!) Afghans chiites déjà présents autour de Sayyida Zaynab, le sanctuaire chiite au sud de Damas. En réalité, c'est bien le corps des Pasdarans qui a créé Liwa Fatemiyoun, alimenté avec un recrutement parmi les Afghans chiites réfugiés illégalement en Iran (payés 600 dollars par mois, soit plus qu'un pompier de Téhéran, et avec la promesse de leur légalisation en Iran). Tavassoli a servi dans la brigade Abouzar, qui a combattu pendant la guerre Iran-Irak, puis a lutté contre les talibans en Afghanistan et a même été présent durant la guerre du Hezbollah contre Israël en 2006. Tavassoli était proche de la force al-Qods de Soleimani et d'ailleurs de nombreux Iraniens encadrent Liwa Fatemiyoun, beaucoup sont morts en Syrie. Les pertes de l'unité, cependant, n'ont jamais été aussi élevées, en particulier depuis la fin 2015, ce qui confirme les témoignages de fugitifs selon lesquels l'instruction est plus que sommaire, tandis que les Afghans sont utilisés comme véritable « chair à canon ». Liwa Fatemiyoun a un camp à Damas qui se nomme camp de l'imam Hussein. Liwa Fatemiyoun prépare un documentaire similaire à celui sur Palmyre qui porterait sur son engagement à Alep : néanmoins, dans les images du teaser, on voit des extraits Amaq de la seconde reprise de Palmyre par l'EI (décembre 2016à). Le 24 avril, l'unité perd encore un tué sur le front de Hama. Au 27 avril, le total des morts afghans se monte à 636, dont 47 pour le seul mois d'avril 2017.

Présence de Liwa Fatemiyoun en Syrie : rouge décembre 2016, bleu janvier 2017, jaune février 2017, vert mars 2017, orange avril 2017.








Le commandant de la brigade déployée à Hama, tué le 9 avril.






















Dans le camp Imam Hussein de Damas (avril 2017).

















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