L'unité
Liwa Suqur al-Sahara du régime syrien est emblématique des
réalités militaires auxquels est confronté ce dernier. Créée en
2013 dans la province de Homs, et utilisée au départ pour
surveiller la frontière avec l'Irak et la Jordanie ou escorter des
convois de pétrole, l'unité est dépêchée en urgence en avril
2014 pour contrer la percée des rebelles au nord de la province de
Lattaquié, à Kessab. Après l'avènement de l'Etat Islamique, et
après avoir défendu les champs gaziers d'al-Shaer, elle est sur
tous les fronts "chauds" pour le régime en 2015.
Ces multiples déplacements montrent que cette formation, considérée
comme faisant partie de "l'élite" militaire du
régime, pallie surtout un manque criant d'effectifs. La
classification "forces spéciales", qui a plus
valeur de fidélité au régime qu'autre chose, ne signifie pas
qu'elle l'emporte toujours, comme le montre la défaite face à l'EI
en août à al-Qaryatayn. A partir de novembre 2015, avec le
sauvetage de l'équipage de l'hélicoptère russe abattu pendant la
récupération d'un membre d'équipage du Su-24 russe descendu par un
F-16 turc, l'unité est sous les feux des projecteurs. Cette
surexposition médiatique dissimule pourtant mal une réalité
cinglante : à l'image des forces militaires du régime, les Faucons
sont à court d'effectifs -l'unité n'étant en soi pas très grande,
de la taille d'un bataillon, peut-être un peu plus. Depuis quelques
mois, elle incorpore des miliciens et se rapproche se faisant de ces
nombreuses milices nées pendant le conflit et qui se battent pour la
survie du régime.